Hadith Sahih al-Boukhâri 237–240: Pureté, Purification & Enseignements Prophétiques

Hadith Le Sahih al-Boukhâri

Le Sahih al-Boukhâri (صحيح البخاري) est la collection de hadîths la plus authentique de l'Islam sunnite, compilée par l'Imam Muḥammad ibn Ismâ'îl al-Boukhârî (194–256 H / 810–870 CE). Les hadîths 237 à 240 appartiennent au Kitâb al-Wudû' (كتاب الوضوء — Le Livre des Ablutions) et couvrent des sujets fondamentaux : la persécution du Prophète ﷺ, la pureté rituelle, l'interdiction des boissons enivrantes, et le traitement de la blessure du Prophète ﷺ lors de la bataille d'Uhud. Ces récits forment un ensemble cohérent qui illustre la grandeur du Prophète ﷺ, sa patience face à l'oppression et les règles essentielles de purification islamique.

Source principale : Sunnah.com — Sahih al-Boukhâri, Livre 4 (Ablutions), Hadîths 237–240.

Hadîth N° 237 — La Persécution lors de la Prière

237

L'épreuve du Prophète ﷺ en prosternation (Sujûd)

Rapporté par 'Abd Allâh ibn Mas'ûd (رضي الله عنه)

النص العربي الكامل — Texte arabe original

حَدَّثَنَا عَبْدَانُ، قَالَ أَخْبَرَنِي أَبِي، عَنْ شُعْبَةَ، عَنْ أَبِي إِسْحَاقَ، عَنْ عَمْرِو بْنِ مَيْمُونٍ، عَنْ عَبْدِ اللَّهِ، قَالَ: بَيْنَا رَسُولُ اللَّهِ ﷺ سَاجِدٌ وَحَوْلَهُ نَاسٌ مِنْ قُرَيْشٍ، جَاءَ عُقْبَةُ بْنُ أَبِي مُعَيْطٍ بِسَلَى جَزُورٍ فَقَذَفَهُ عَلَى ظَهْرِ النَّبِيِّ ﷺ، فَلَمْ يَرْفَعْ رَأْسَهُ، فَجَاءَتْ فَاطِمَةُ ﷺ فَأَخَذَتْهُ عَنْ ظَهْرِهِ، وَدَعَا عَلَيْهِمُ النَّبِيُّ ﷺ، فَقَالَ: «اللَّهُمَّ عَلَيْكَ بِقُرَيْشٍ» ثَلاَثَ مَرَّاتٍ.

Translittération (Latin)
Ḥaddathanā 'Abdān, qāla akhbaranī abī, 'an Shu'bata, 'an Abī Isḥāqa, 'an 'Amr ibn Maymūn, 'an 'Abdillāhi, qāla : baynamā Rasūlu-llāhi ﷺ sājidun wa-ḥawlahū nāsun min Quraysh, jā'a 'Uqbatu bnu Abī Mu'ayṭin bi-sallā jazūrin fa-qadhafahu 'alā ẓahri n-Nabiyyi ﷺ, falam yarfa' ra'sahu, fa-jā'at Fāṭimatu ﷺ fa-akhadhat-hu 'an ẓahrihi, wa-da'ā 'alayhimu n-Nabiyyu ﷺ, fa-qāla : «Allāhumma 'alayka bi-Quraysh» thalātha marrāt.
🇫🇷 Traduction française

'Abd Allâh (ibn Mas'ûd) rapporte : « Pendant que le Messager d'Allah ﷺ était en prosternation et que des gens de Quraysh se trouvaient autour de lui, 'Uqba ibn Abî Mu'ayṭ arriva avec les entrailles d'un chameau et les jeta sur le dos du Prophète ﷺ. Celui-ci ne releva pas la tête. Fâṭima ﷺ vint et les ôta de son dos. Puis le Prophète ﷺ invoqua contre eux en disant : "Ô Allah, prends-toi à Quraysh !" — et il répéta cela trois fois. »

Référence : Sahih al-Boukhâri 237 · Livre 4 (Wudû'), Hadîth 103 · USC-MSA réf. : Vol. 1, Livre 4, Hadîth 241

🔍 Analyse et Signification

Ce récit poignant illustre les épreuves sans pareilles endurées par le Prophète Muḥammad ﷺ à La Mecque, lors de la période la plus difficile de la da'wa (invitation à l'Islam). 'Abd Allâh ibn Mas'ûd, l'un des Compagnons les plus proches du Prophète ﷺ, rapporte avec précision cet épisode d'humiliation publique voulue par Quraysh.

La prosternation (sujûd) est le moment de la prière le plus intime entre le serviteur et son Seigneur. Le fait que le Prophète ﷺ ait maintenu sa prosternation malgré la souillure déposée sur son dos démontre une patience extraordinaire (sabr) et une concentration totale dans l'adoration. C'est Fâṭima ﷺ, sa fille bien-aimée, qui intervint pour purifier son père vénéré.

L'invocation finale du Prophète ﷺ — "Allâhumma 'alayka bi-Quraysh" — fut exaucée : les principaux responsables de cet acte (dont Abû Jahl, 'Utba ibn Rabî'a, Shayba ibn Rabî'a, Walîd ibn 'Utba, Umayya ibn Khalaf, 'Uqba ibn Abî Mu'ayṭ) périrent tous lors de la Bataille de Badr.

Enseignements principaux :

  • La persévérance dans la prière même dans l'adversité est une vertu sublime.
  • La pureté physique (ṭahâra) est indispensable dans la ṣalât ; mais la contrainte ne rompt pas la prière.
  • L'invocation du Prophète ﷺ était exhaustiblement réalisée — preuve de son rang de Messager.
  • Fâṭima ﷺ incarne le dévouement filial et le courage face à l'injustice.
  • Allah exauce les invocations des opprimés.

Hadîth N° 238 — La Salive du Prophète ﷺ et la Pureté des Vêtements

238

Le Prophète ﷺ crache dans son vêtement

Rapporté par Anas ibn Mâlik (رضي الله عنه)

النص العربي الكامل — Texte arabe original

حَدَّثَنَا مُحَمَّدُ بْنُ يُوسُفَ، قَالَ: حَدَّثَنَا سُفْيَانُ، عَنْ حُمَيْدٍ، عَنْ أَنَسٍ، قَالَ: بَزَقَ النَّبِيُّ ﷺ فِي ثَوْبِهِ، وَطَوَاهُ، ثُمَّ دَلَكَهُ. وَقَالَ ابْنُ أَبِي مَرْيَمَ: أَخْبَرَنَا يَحْيَى بْنُ أَيُّوبَ، حَدَّثَنِي حُمَيْدٌ، قَالَ: سَمِعْتُ أَنَسًا عَنِ النَّبِيِّ ﷺ.

Translittération (Latin)
Ḥaddathanā Muḥammadu bnu Yūsufa, qāla : ḥaddathanā Sufyānu, 'an Ḥumaydin, 'an Anasin, qāla : bazaqa n-Nabiyyu ﷺ fī thawbihi, wa-ṭawāhu, thumma dalakahu. Wa-qāla Ibnu Abī Maryama : akhbaranā Yaḥyā bnu Ayyūba, ḥaddathanī Ḥumaydu, qāla : sami'tu Anasan 'an i-n-Nabiyyi ﷺ.
🇫🇷 Traduction française

Anas (ibn Mâlik) rapporte : « Le Prophète ﷺ cracha dans son vêtement, le plia, puis le frotta. » — Ibn Abî Maryam ajouta : Yaḥyā ibn Ayyūb nous informa, Ḥumayd nous dit : j'ai entendu Anas rapporter cela du Prophète ﷺ.

Référence : Sahih al-Boukhâri 238 · Livre 4 (Wudû'), Hadîth 104 · USC-MSA réf. : Vol. 1, Livre 4, Hadîth 242

🔍 Analyse et Signification

Ce hadith, bien que bref, est d'une grande importance jurisprudentielle (fiqh). Il traite de la question de la pureté de la salive (ruṭūba al-fam) et de la manière de traiter une légère impureté sur un vêtement.

Les oulémas (savants islamiques) ont débattu du statut de la salive dans la prière. La grande majorité des imams — Mâlik, al-Shâfi'î et Ibn Ḥanbal — s'accordent que la salive est pure (ṭâhira) et ne rompt pas la validité de la ṣalât. L'action du Prophète ﷺ de frotter le vêtement plié (dalaka) indique un soin général pour la propreté, sans nécessiter une ablution complète.

Le fait que Boukhârî ait inclus ce hadith dans le chapitre des ablutions (Kitâb al-Wudû') illustre la méthode du grand Imam : il utilisait des hadiths "de fenêtre" pour éclairer les règles connexes de pureté (ṭahâra). La note à la fin sur Ibn Abî Maryam confirme la solidité de la chaîne de transmission (isnâd).

  • La salive humaine est pure selon le consensus islamique (ijmâ').
  • La légère impureté sur un vêtement peut être traitée par frottement (dalk), sans lavage obligatoire.
  • Le Prophète ﷺ appliquait les règles de pureté avec aisance et naturel.
  • La double chaîne de transmission renforce l'authenticité du récit.

Hadîth N° 239 — Toute Boisson Enivrante est Ḥarâm

239

L'interdiction absolue de toute boisson enivrante

Rapporté par 'Â'icha (رضي الله عنها) — Mère des Croyants

النص العربي الكامل — Texte arabe original

حَدَّثَنَا عَلِيُّ بْنُ عَبْدِ اللَّهِ، قَالَ: حَدَّثَنَا سُفْيَانُ، قَالَ: حَدَّثَنَا الزُّهْرِيُّ، عَنْ أَبِي سَلَمَةَ، عَنْ عَائِشَةَ، عَنِ النَّبِيِّ ﷺ قَالَ: «كُلُّ شَرَابٍ أَسْكَرَ فَهُوَ حَرَامٌ».

Translittération (Latin)
Ḥaddathanā 'Aliyyu bnu 'Abdillāh, qāla : ḥaddathanā Sufyānu, qāla : ḥaddathanā z-Zuhriyyu, 'an Abī Salama, 'an 'Â'ishata, 'an i-n-Nabiyyi ﷺ qāla : «Kullu sharābin askara fa-huwa ḥarām.»
🇫🇷 Traduction française

'Â'icha rapporte que le Prophète ﷺ dit : « Toute boisson qui enivre est illicite (ḥarâm). »

Référence : Sahih al-Boukhâri 239 · Livre 4 (Wudû'), Hadîth 105 · USC-MSA réf. : Vol. 1, Livre 4, Hadîth 240

🔍 Analyse et Signification

Ce hadith est l'un des textes les plus concis et les plus puissants de la législation islamique. En une seule phrase, le Prophète ﷺ pose un principe juridique universel : l'interdiction de toute substance enivrante, quelle que soit sa nature ou sa quantité.

La rarraporteuse est 'Â'icha (رضي الله عنها), épouse du Prophète ﷺ et Mère des Croyants, dont les connaissances en jurisprudence islamique (fiqh) et en hadith étaient incomparables parmi les Compagnons. La chaîne de transmission (isnâd) passe par l'imam al-Zuhrî (mort en 124 H), l'une des plus grandes autorités du hadith.

Ce texte constitue le fondement du qâ'ida kulliyya (règle générale) stipulant que la quantité ne compte pas lorsque la grande quantité enivre. Le célèbre hadith complémentaire du Prophète ﷺ précise : "Ce dont une grande quantité enivre, sa petite quantité aussi est illicite." Cette règle couvre le vin (khamr), la bière, les boissons fermentées, et toute substance psychoactive.

Boukhârî a inclus ce hadith dans le chapitre des ablutions pour un raisonnement subtil : l'interdiction du nabîdh (boisson de raisin ou de dattes fermentée) comme liquide d'ablution — une opinion qu'il réfutait — est confirmée par ce texte général. L'eau seule, pure, est le liquide correct pour le wudû'.

  • La règle est universelle : "tout" (kullun) sans exception — vins, bières, liqueurs, drogues enivrantes.
  • Le critère est l'enivrement (iskâr), non la substance spécifique.
  • L'interdiction s'applique avant même l'état d'ivresse : la petite quantité reste ḥarâm.
  • Ce hadith réfute l'autorisation du nabîdh pour l'ablution selon l'école ḥanafite ancienne.
  • 'Â'icha est l'une des principales sources de la jurisprudence islamique en matière de pureté.

Hadîth N° 240 — Le Traitement de la Blessure du Prophète ﷺ à Uhud

240

Fâṭima lave la blessure du Prophète ﷺ à Uhud

Rapporté par Sahl ibn Sa'd al-Sâ'idî (رضي الله عنه)

النص العربي الكامل — Texte arabe original

حَدَّثَنَا مُحَمَّدٌ، قَالَ: أَخْبَرَنَا سُفْيَانُ بْنُ عُيَيْنَةَ، عَنْ أَبِي حَازِمٍ، سَمِعَ سَهْلَ بْنَ سَعْدٍ السَّاعِدِيَّ، وَسَأَلَهُ النَّاسُ وَمَا بَيْنِي وَبَيْنَهُ أَحَدٌ: بِأَيِّ شَيْءٍ دُووِيَ جُرْحُ النَّبِيِّ ﷺ؟ فَقَالَ: مَا بَقِيَ أَحَدٌ أَعْلَمُ بِهِ مِنِّي. كَانَ عَلِيٌّ يَجِيءُ بِتُرْسِهِ فِيهِ مَاءٌ، وَفَاطِمَةُ تَغْسِلُ عَنْ وَجْهِهِ الدَّمَ، فَأُخِذَ حَصِيرٌ فَأُحْرِقَ فَحُشِيَ بِهِ جُرْحُهُ.

Translittération (Latin)
Ḥaddathanā Muḥammadun, qāla : akhbaranā Sufyānu bnu 'Uyaynata, 'an Abī Ḥāzim, sami'a Sahla bna Sa'di s-Sâ'idiyyi, wa-sa'alahu n-nāsu wa-mā baynī wa-baynahu aḥadun : bi-ayyi shay'in dūwiya jurḥu n-Nabiyyi ﷺ ? fa-qāla : mā baqiya aḥadun a'lamu bihi minnī. Kāna 'Aliyyun yajī'u bi-tursihī fīhi mā'un, wa-Fāṭimatu taghsilu 'an wajhihi d-dama, fa-ukhidha ḥaṣīrun fa-uḥriqa fa-ḥushiya bihi jurḥuhu.
🇫🇷 Traduction française

Sahl ibn Sa'd al-Sâ'idî fut interrogé par les gens — sans personne entre moi et lui — sur ce qui avait servi à soigner la blessure du Prophète ﷺ. Il répondit : « Il ne reste personne qui le sache mieux que moi. 'Alî apportait de l'eau dans son bouclier, et Fâṭima lavait le sang de son visage. Puis on prit une natte, on la brûla, et on pansa sa blessure avec ses cendres. »

Référence : Sahih al-Boukhâri 240 · Livre 4 (Wudû'), Hadîth 106 · USC-MSA réf. : Vol. 1, Livre 4, Hadîth 243

🔍 Analyse et Signification

Ce hadith d'une profonde émotion nous transporte au cœur de la Bataille d'Uhud (3 H / 625 CE), l'une des épreuves les plus douloureuses de l'histoire islamique. Le Prophète Muḥammad ﷺ y fut blessé — une dent cassée, une lèvre fendue et une blessure sur le visage selon les sources historiques.

Sahl ibn Sa'd al-Sâ'idî, un Anṣârî (habitant de Médine) d'une grande longévité, fut l'un des derniers Compagnons à mourir (vers 91 H / 710 CE), ce qui explique son affirmation solennelle : "il ne reste personne qui le sache mieux que moi." Ce genre de formule dans le hadith authentifie la transmission directe.

La scène décrite est d'une humanité bouleversante : 'Alî ibn Abî Ṭâlib — le cousin et gendre du Prophète ﷺ — apporte de l'eau dans son bouclier en métal (une sorte de bassin improvisé), et Fâṭima al-Zahrâ' ﷺ — la fille chérie du Prophète ﷺ — lave le sang de son visage de ses propres mains.

Le traitement médical utilisé — brûler une natte de roseau et panser la plaie avec les cendres (ḥashw) — est une technique hémostatique connue dans la médecine arabe ancienne. Les cendres permettent la coagulation du sang et l'assèchement de la plaie. C'est pour cela que Boukhârî intègre ce hadith dans le chapitre de la pureté : il y a ici une question sur la pureté de l'eau utilisée pour laver une blessure, et la technique du pansement.

  • Le Prophète ﷺ était humain : il souffrit physiquement à Uhud, ce qui renforce notre amour pour lui.
  • 'Alî et Fâṭima incarnent le service dévoué au Prophète ﷺ — modèle de dévouement familial.
  • Les soins médicaux d'urgence (même rudimentaires) sont légaux et recommandés en Islam.
  • L'utilisation des cendres comme hémostatique est une sagesse médicale préislamique validée par la Sunnah.
  • Les Compagnons de grande longévité sont une source inestimable de transmission historique.

📜 Hadîths Complets en Langue Arabe (237–240)

Sahih al-Boukhâri — Hadîth 237 | كتاب الوضوء

حَدَّثَنَا عَبْدَانُ، قَالَ أَخْبَرَنِي أَبِي، عَنْ شُعْبَةَ، عَنْ أَبِي إِسْحَاقَ، عَنْ عَمْرِو بْنِ مَيْمُونٍ، عَنْ عَبْدِ اللَّهِ، قَالَ: بَيْنَا رَسُولُ اللَّهِ ﷺ سَاجِدٌ، وَحَوْلَهُ نَاسٌ مِنْ قُرَيْشٍ، جَاءَ عُقْبَةُ بْنُ أَبِي مُعَيْطٍ بِسَلَى جَزُورٍ فَقَذَفَهُ عَلَى ظَهْرِ النَّبِيِّ ﷺ، فَلَمْ يَرْفَعْ رَأْسَهُ، فَجَاءَتْ فَاطِمَةُ ﷺ فَأَخَذَتْهُ عَنْ ظَهْرِهِ، وَدَعَا عَلَيْهِمُ النَّبِيُّ ﷺ، فَقَالَ: «اللَّهُمَّ عَلَيْكَ بِقُرَيْشٍ» ثَلاَثَ مَرَّاتٍ، فَشَقَّ عَلَيْهِمْ إِذْ دَعَا عَلَيْهِمْ.

Sahih al-Boukhâri — Hadîth 238 | كتاب الوضوء

حَدَّثَنَا مُحَمَّدُ بْنُ يُوسُفَ، قَالَ: حَدَّثَنَا سُفْيَانُ، عَنْ حُمَيْدٍ، عَنْ أَنَسٍ، قَالَ: بَزَقَ النَّبِيُّ ﷺ فِي ثَوْبِهِ، وَطَوَاهُ، ثُمَّ دَلَكَهُ. وَقَالَ ابْنُ أَبِي مَرْيَمَ: أَخْبَرَنَا يَحْيَى بْنُ أَيُّوبَ، حَدَّثَنِي حُمَيْدٌ، قَالَ: سَمِعْتُ أَنَسًا عَنِ النَّبِيِّ ﷺ.

Sahih al-Boukhâri — Hadîth 239 | كتاب الوضوء

حَدَّثَنَا عَلِيُّ بْنُ عَبْدِ اللَّهِ، قَالَ: حَدَّثَنَا سُفْيَانُ، قَالَ: حَدَّثَنَا الزُّهْرِيُّ، عَنْ أَبِي سَلَمَةَ، عَنْ عَائِشَةَ، عَنِ النَّبِيِّ ﷺ قَالَ: «كُلُّ شَرَابٍ أَسْكَرَ فَهُوَ حَرَامٌ».

Sahih al-Boukhâri — Hadîth 240 | كتاب الوضوء

حَدَّثَنَا مُحَمَّدٌ، قَالَ: أَخْبَرَنَا سُفْيَانُ بْنُ عُيَيْنَةَ، عَنْ أَبِي حَازِمٍ، سَمِعَ سَهْلَ بْنَ سَعْدٍ السَّاعِدِيَّ، وَسَأَلَهُ النَّاسُ وَمَا بَيْنِي وَبَيْنَهُ أَحَدٌ: بِأَيِّ شَيْءٍ دُووِيَ جُرْحُ النَّبِيِّ ﷺ؟ فَقَالَ: مَا بَقِيَ أَحَدٌ أَعْلَمُ بِهِ مِنِّي. كَانَ عَلِيٌّ يَجِيءُ بِتُرْسِهِ فِيهِ مَاءٌ، وَفَاطِمَةُ تَغْسِلُ عَنْ وَجْهِهِ الدَّمَ، فَأُخِذَ حَصِيرٌ فَأُحْرِقَ فَحُشِيَ بِهِ جُرْحُهُ.

🌙 Conclusion : La Leçon Globale des Hadîths 237–240

Les quatre hadîths étudiés forment une unité thématique centrée sur la ṭahâra (purification) dans sa dimension la plus large : purification physique, purification morale, purification de l'âme face à l'adversité et purification de la communauté par les règles divines.

Le Hadîth 237 nous enseigne la persévérance dans l'adoration malgré l'oppression — une leçon intemporelle. Le Hadîth 238, dans sa concision, établit les fondements de la pureté corporelle ordinaire. Le Hadîth 239 pose l'un des piliers éthiques de l'Islam : la protection de la raison ('aql) est l'une des cinq nécessités fondamentales (al-ḍarûriyyât al-khams) que la sharî'a vient préserver. Enfin, le Hadîth 240 humanise le Prophète ﷺ d'une manière qui émeut le cœur du croyant et renforce son amour pour le Messager d'Allah.

L'Imam Boukhârî — que la miséricorde d'Allah soit sur lui — n'a pas assemblé ces textes par hasard dans ce chapitre. Sa méthode de classement (tartîb) est une science à part entière, démontrant que la pureté islamique est à la fois physique (ablutions, vêtements, eau), légale (règles sur les boissons), et spirituelle (patience, dévotion, service du Prophète ﷺ).

صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ

❓ Questions Fréquentes (FAQ)

Que raconte le Hadîth 237 du Sahih al-Boukhâri ?
Le Hadîth 237 rapporte que pendant que le Prophète Muḥammad ﷺ priait en prosternation près de la Ka'ba, 'Uqba ibn Abî Mu'ayṭ jeta des entrailles de chameau sur son dos. Le Prophète ﷺ ne releva pas la tête jusqu'à ce que Fâṭima ﷺ les ôte. Il invoqua alors Allah contre Quraysh trois fois, et cette invocation fut exaucée lors de la Bataille de Badr.
Pourquoi le Hadîth 239 dit que "toute boisson enivrante est ḥarâm" ?
Ce hadîth pose un principe général universel en droit islamique : le critère d'interdiction est la propriété enivrante (iskâr), non la substance elle-même. Cela inclut le vin, la bière, les liqueurs, et toute boisson fermentée. Les oulémas ont également étendu ce principe aux drogues qui altèrent la raison. La protection de la raison ('aql) est l'une des cinq nécessités que l'Islam vient préserver.
Qui est Sahl ibn Sa'd al-Sâ'idî rapporteur du Hadîth 240 ?
Sahl ibn Sa'd al-Sâ'idî (رضي الله عنه) est un Compagnon ansârite qui vécut très longtemps (il mourut vers 88–91 H, à plus de 90 ans). Il est considéré comme l'un des derniers Compagnons du Prophète ﷺ à Médine. Sa longévité en fit un témoin de premier plan pour les événements des débuts de l'Islam.
Qu'est-ce que le Kitâb al-Wudû' dans le Sahih al-Boukhâri ?
Le Kitâb al-Wudû' (كتاب الوضوء — Le Livre des Ablutions) est le 4e livre du Sahih al-Boukhâri. Il rassemble les hadîths relatifs à la purification rituelle (ṭahâra), les ablutions mineures (wudû'), les règles de pureté des liquides, des vêtements et du corps, ainsi que les conditions de validité de la prière. C'est l'un des chapitres les plus riches en jurisprudence islamique pratique.
Comment les cendres ont-elles été utilisées pour soigner la blessure du Prophète ﷺ (Hadîth 240) ?
Les cendres de natte de roseau brûlée ont été utilisées comme hémostatique — elles absorbent le sang et facilitent la coagulation. Cette technique, bien connue dans la médecine arabe préislamique et confirmée par la médecine moderne (les cendres basiques créent un milieu chimique défavorable aux bactéries), illustre la sagesse médicale pratique des Arabes de l'époque.